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Awassa

Description de l’œuvre

Le tableau de Jean KREBERT représente une scène de danse : deux femmes au premier plan, au centre, sont en train d’exécuter des pas de danse au son de tambours frappés par deux hommes placés en retrait. Dans l’arrière-plan, on aperçoit des cases traditionnelles et de la végétation..

Les deux femmes ont des postures similaires : le buste penché en avant, la jambe gauche repliée vers la poitrine, un pied levé prêt à frapper le sol, les bras ouverts en arc de cercle pour accompagner la cadence.

La femme de gauche est vêtue de couleurs froides : elle porte  un pagne bleu à franges avec des rayures horizontales d’un bleu plus soutenu et un bandeau du même tissu pour habiller sa poitrine. Elle a des cheveux noirs et  courts ; des bijoux ornent son cou (collier de perles blanches et jaunes), ses poignets (bracelets jaunes et blancs) et oreilles (boucle d’oreille jaune). Des sonnailles sont fixées à ses chevilles. L’artiste l’a représentée de trois-quarts, la bouche soulignée en rouge entr’ouverte. Il a donné à son corps, peint en marron avec peu de nuances, une légère torsion.

La femme de droite porte les mêmes attributs décoratifs et sonores. Son pagne est dans des tons de couleurs chaudes comme des marrons orangés avec des pointillés oranges et rouges. Il a une frise d’éléments géométriques peints en blanc et des franges oranges en bas. Elle est de profil, ses cheveux sont tressés et sa bouche est fardée de rouge. Sa main gauche est relevée comme pour marquer le rythme.

Les deux hommes sont situés à droite et à gauche des deux danseuses. Ils sont de face, torse nu, assis derrière leur tambour posé au sol. L’artiste les a peints dans une nuance plus claire avec des contours moins précis.

En arrière-plan, on distingue l’ébauche de trois cases peintes dans les mêmes nuances que les batteurs de tambour.

Le décor est figuré au premier plan par une plante verte à droite, des touches de vert, marron, ocre et jaune pour le sol, des palmes de cocotiers ou palmiers dans le fond se détachant d’un ciel couleur coucher de soleil.

Les personnages centraux se détachent du décor et du fond grâce à un traitement des couleurs plus soutenu. Cela donne un effet de perspective aérienne .Les couleurs sont employées ici dans le ton local.

Interprétation

Si on se réfère à l’inscription marquée sur la gauche du tableau « Awassa », Jean KLEBERT a cherché à représenter une danse célèbre de la communauté des Bushnengue » appelé l’Awassa exécutée dans les fêtes chez les habitants bushnengue de la région de Saint-Laurent du Maroni.

Les femmes sont vêtues d’une pièce de tissu portée ajustée sur les hanches appelée le « pangui ». Elles exécutent cette danse le corps cambré, penché en avant et effectuent des gestes très gracieux et déliés avec les mains comme le montre la danseuse au pangui marron et orange. Leurs pieds martèlent le rythme avec des sonnailles réalisées avec des graines séchées fixées sur des cordelettes de coton. 

C’est une peinture figurative que l’on peut éventuellement qualifiée de naïve de par le traitement des divers éléments du tableau : les cases traditionnelles stylisées, le paysage exotique, les tambourineurs placés à droite et à gauche, l’accentuation des traits négroïdes en particulier des bouches des danseuses.