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Bas-relief

Description de l’œuvre

Sur un fond peint d’un aplat gris une figure géométrique se détache avec un contraste saisissant. Elle s’inscrit dans un cercle et s’organise à partir de son centre.

L’artiste ne cherche pas à établir une harmonie dans le choix des couleurs mais plutôt à se servir de leur symbolique. Par exemple, le bleu serait une représentation du ciel ou de l’eau. Les couleurs sont employées sans nuance en larges aplats.

Les formes entrelacées se positionnent sur deux plans celui d’un carré concentrique au cercle et du cercle lui-même. Dans le carré, sont utilisées des couleurs primaires et secondaires et neutres (noir et blanc). Dans le cercle, elles sont disposées comme un cadre autour du carré et peintes de tons peu habituels dans les peintures « tembé » comme le bleu foncé, le beige, le marron et le gris.

Un trait noir vient cerner à certains endroits ces couleurs privilégiant la lecture de certaines d’entre elles par rapport à d’autres ce qui vient perturber la lisibilité de l'ensemble de l’œuvre.

Interprétation

Chaque forme employée, ligne employée peut avoir une signification pour l’artiste comme ici le motif au milieu peut symboliser le nœud de la jupe, la roue de la vie ou le nombril. Ce motif peint en blanc (femme) et rouge (sang) peut rappeler le nombril par lequel la vie commence en pensant à l’embryon relié par sa mère par le cordon ombilical et les formes imbriquées peuvent représenter l’accouplement. Ces symboles évoluent avec le temps et changent en fonction des artistes et des époques.

D’aucuns disent que les motifs reproduits sont des représentations symboliques sexuelles, totémiques ou ésotériques. Il vaut mieux demander à chaque auteur le sens des formes qu’il emploie, de même que le choix des couleurs.

Cette composition à l’aspect géométrique est un Tembé. Il s’agit d’une expression artistique réalisée sous forme de peinture ou de sculpture par des artistes autodidactes des peuples ( Djuka, Saramaka, Aluku…) de la vallée du fleuve Maroni situé à la frontière du Surinam et de la Guyane française.

Ces productions artistiques étaient réalisées en priorité sur des supports usuels : portes, pagaies, tabourets, couverts, peignes, plats…Au vu de leur succès, les artistes se sont appropriés un mode d’expression occidentale : le tableau afin de pouvoir écouler plus facilement leurs productions.

Avant, on trouvait les pigments naturels dans la nature comme les argiles, le charbon ou des pigments végétaux que l’on broyait pour certains dans des mortiers avec des pilons ; le liant était souvent une résine (sève) de plante. Les artistes ont découvert les avantages de la peinture synthétique avec comme diluant le white spirit puis la peinture acrylique plus facile d’emploi, séchant plus rapidement. Aujourd’hui, des tableaux de « style bushinengue » sont produits quasi à la chaîne et vendus dans les magasins de souvenirs de la Guyane. On perd alors la valeur symbolique de l’œuvre au profit de sa vente

Symbolique convenue des couleurs avec l’usage de la peinture synthétique, les couleurs naturelles n’ayant pas de signifiant identique :
Noir : la matière, la terre
Blanc : la femme, la beauté
Rouge : le sang, l'homme
Jaune ou orange : le soleil, le feu, l'or, la richesse
Bleu : la planète, le ciel, l'eau
Vert : la nature
Gris : la nuit, la pluie
Rose : la famille, les enfants