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Ciel de case

Description de l’œuvre

Il s’agit d’une peinture sur bois réalisée avec des pigments naturels. Cette pièce s’appelle un « ciel de case » OU MALUANA en langue amérindienne.

L’artiste organise son travail sur cette pièce circulaire dont le fond est peint en noir. Elle associe frises décoratives  et formes stylisées zoomorphes.

Au centre, on trouve une roue dentelée formée d'une série de petits rectangles. Chaque rectangle blanc est occupé par 2 petites croix orange.

Des figures zoomorphes occupent une grande partie. Elles sont orientées dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Peintes dans des couleurs de terre  (ocre, marron, orange, gris), les compositions sont dans l'ensemble géométriques. Ce sont des lignes croisées, obliques ou en crochets, de couleurs rouge. Les couleurs sont souvent en opposition binaire et ressortent sur le fond noir d’où un contraste harmonieux.

La partie extérieure est formée d'une large frise circulaire décorative.
A l'intérieur de cette bande des tracés géométriques sont visibles : il s'agit de croix blanches groupées par deux, trois, cinq ou à l'unité qui apparaissent à intervalles réguliers. Des lignes circulaires entre coupées  de 21 croix en "T" ont également été tracées à intervalles réguliers dans cette bande extérieure à fond rouge. Ces formes purement géométriques s’imbriquent les unes dans les autres.

Interprétation possible de l’œuvre

Ce travail est l’expression d’une mythologie, à forte figuration animalière.

Il s'agit ici d'un travail sur bois dans la tradition artisanale du peuple amérindien  « wayana » vivant le long du fleuve Maroni en GUYANE. Cette pièce circulaire en bois, peinte est destinée à être placée à l'intérieur et au faîte du carbet de cérémonie « wayana ». On peut reconnaitre un certain nombre d'animaux de la faune  amazonienne. Chaque partie du ciel de case semble tourner en sens inverse l’une par rapport à l’autre qu'il s'agisse de la roue dentelée, des figurations zoomorphes ou de la bande extérieure.

Ti’Iwan Couchili  a introduit cette pratique, traditionnellement wayana dans la culture « téko » tout en y intégrant d’autres motifs comme les macaques, d’ocelots et d’bis rouges, animaux sacrés dans la mythologie « Téko ». Les couleurs qu’elle utilise sont souvent  exclusivement naturelles.

Le maluana ou Ciel de Case est une pièce de bois ronde, découpée dans les contreforts d'un arbre de la forêt guyanaise, le fromager (ceiba pentandra).

Rapportée à dos d'hommes au village, la découpe est déposée à l'ombre pour sécher. Lorsqu'elle ne contient plus de sève, elle est taillée au sabre en forme de plateau circulaire. La circonférence est tracée à l'aide d'un compas improvisé avec deux pointes reliées par une ficelle. Les surfaces sont aplanies au rabot. L'une d'elle est noircie au feu, grattée au couteau pour éliminer la pellicule calcinée puis enduite d'apulukum. Des animaux mythiques sont ensuite tracés à la pointe du canif puis mis en peinture. Autrefois, les Amérindiens n'utilisaient que des colorants minéraux et végétaux dont les contrastes étaient peu marqués. Ils emploient maintenant la peinture acrylique du commerce, aux couleurs beaucoup plus vives.

Le ciel de case est ensuite placé juste sous la toiture au centre des carbets circulaires de réunion appelés tukusipan,. Il est percé en son centre d'un trou dans lequel vient passer le poteau central. Le ciel de case est orné de motifs animaliers tirés de la symbolique culturelle Wayana (tortues, tamanoirs, serpents, grenouilles, poissons, chenilles urticantes et molokot - esprit des eaux).

Il sert à éloigner les insectes et les autres animaux indésirables, ainsi que leurs esprits : il symbolise la protection pour tous ceux qui dormiront dessous. Il est aussi utilisé pour apprendre aux enfants les animaux à respecter dans la forêt.

Notions

Couleurs de terre / contraste / zoomorphes (animaux).