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Femme indépendante

Description de l’œuvre

L’œuvre fait partie d’une série de 12 panneaux représentant des scènes de la vie sur le Fleuve.

Dès le premier regard, on remarque que tradition et modernité se conjuguent sur ce tableau.

Le format et la présentation de l’œuvre ne sont en effet pas communs.

Sur une toile rectangulaire plus longue que large, l’artiste propose une relecture contemporaine d’une scène de vie du fleuve.

Tradition

(Sur un fond brossé de vert kaki en haut, de bleu rappelant le ciel au milieu et des ondulations d’un bleu vert évoquant l’eau en bas)

  • le motif végétal, (une branche avec ses feuilles) réalisé avec des traits vert foncé au pinceau semblant séparer la toile en deux,
  • le thème retenu, une femme lavant son linge dans l’eau. Elle est penchée sur l’eau tenant le tissu à deux mains (marqué sur la toile par des traits au pinceau de couleur foncée). C’est une femme bushinengue comme on peut le voir à sa coiffure faite de nattes, elle est poitrine nue, vêtue d’un pagne ou pangi aux motifs noirs et blancs qui laissent entrevoir une de ses jambes,
  • le motif tembé formé des fameuses lignes, blanches ici et cernées de noir, savamment entrelacées qui font partie du vocabulaire expressif des artistes autodidactes des peuples (Ndjuka, Saramaka, Aluku…) de la vallée du fleuve Maroni situé à la frontière du Surinam et de la Guyane française, il se détache sur le fond noir qui vire au bleu foncé juste au-dessus de la branche. Le tembé est décentré par rapport à la toile, les formes sont une succession de lignes droites et courbes
  • Les symboles peints en blanc qui sont des lettres de l’alphabet AFAKA (écriture symbolique des Ndjuka, peuple bushinengue de Guyane).

Modernité

Traversant la toile de haut en bas sur un fond vert kaki, noir puis blanc :

  • un dripping (projection de couleurs d’une peinture liquide) gris puis vert occupe l’espace. Le dripping gris ouvre et ferme le tableau. Le dripping vert recouvre le motif tembé et anime le côté droit de l’œuvre.
  • à l’intérieur du motif tembé, le dripping s’organise : jaune, bleu et rouge (couleurs primaires) sur le blanc de certains entrelacs. Le mauve et gris (couleur froide / neutre) brossés au pinceau plat remplissent les autres entrelacs.
  • Le visage et le corps de la femme sont peints en aplats ocre et marron mouchetés de nuances plus claires, ses seins sont soulignés d’une ligne brune.
  • La suspension de la toile : une pièce de bois clair gravée d’un trait zigzag entre deux lignes droites maintient la toile en haut, une deuxième d’un bois plus foncé sculptée d’un léger relief décoratif, la tend en bas.

Grâce au contraste entre les nuances foncées et claires du fond, le personnage est mis en avant. 

Interprétation possible de l’œuvre

La lecture de cette œuvre peut se faire de trois manières:

  • une lecture plastique, voir décorative en se focalisant sur l'harmonie des teintes et les contrastes, sur les éléments figuratifs et géométriques,
  • un déchiffrement ésotérique en reliant les différents éléments, femme, Tembé et écriture AFAKA,
  • un enseignement initiatique en comprenant le sens caché des lettres AFAKA. Ici la mère demande aux esprits de veiller sur ces enfants qui ne sont pas tout près.

Le titre « Femme indépendante » nous porte à voir une évolution de la femme bushinengue qui s’émancipe et mène sa barque seule.

Le plasticien Lobie COGNAC est membre de l'Académie AFAKA et a été initié à cet alphabet. Son message est ici multidimensionnel. L’alphabet AFAKA est composé de 56 symboles retranscrivant chacun une syllabe prononcée.