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La déchirure

Description de l’œuvre

Roseman ROBINOT installe sa composition à l’intérieur d’un carré ce qui est déjà un parti pris contemporain, la plupart des œuvres sont rectangulaires en portrait ou en paysage. Le travail de l’artiste est décalé vers le bas de la toile.

Sur un aplat mauve,  se détachent deux expressions picturales liées l’une à l’autre : un fond  aux nuances bleutées animé de légères marques noires et une forme composée  de deux empreintes   noir/blanc  reproduites en miroir suivant un axe vertical. On note une trace noirâtre au milieu comme un glissement de la couleur lors du travail d’impression.

Le fond bleuté n’est pas uni : il est plus clair sur la droite du tableau, plus dense sur la gauche et des transparences en bas laissent apparaître l’aplat mauve. On observe de légers traits noirs tels des ponctuations ou des indications peints sur sa surface.

La double empreinte noir/blanc est réalisée grâce à une technique d’impression ce qui permet la répétition du motif et permet de laisser apparaître le granulat de la matière.

L’artiste a employé pour son œuvre des coloris plutôt froids (bleu, mauve) et de couleurs neutres  (noir, blanc).

Interprétation possible de l’œuvre

Dès 1987, Roseman ROBINOT introduit dans son travail l’empreinte d’un pétroglyphe amérindien gravé sur la Roche de la Crique Pavée. Afin de réaliser plus facilement de nouvelles empreintes, Roseman ROBINOT fabrique en atelier des plaques à partir des relevés qu’elle avait conservés de cette gravure rupestre. Elle va entreprendre un travail sur le rendu de la matière avec cet élément qui devient son « vocabulaire » privilégié durant plusieurs années.

La forme reproduite ici en positif/négatif fait penser à une étrange peau minérale tendue sur un fond dont les couleurs douces apportent une note sensible et poétique à cette œuvre de Roseman ROBINOT.

C’est un travail aussi d’appropriation et sur la mémoire qui rend hommage à ces peuples autochtones qui ont laissé des traces de vie sur tout le territoire de la Guyane. Le titre « La Déchirure » explique la composition du tableau avec ses deux empreintes, l’une s’opposant l’autre. On remarque qu’elles résultent de la séparation de l’empreinte de la gravure rupestre de la Crique pavée en deux morceaux. Peut-on penser que l’artiste symbolise ainsi la déchirure concernant la perte d’identité, le déplacement sur le territoire, la perte de repère de ces populations autochtones de Guyane et par la même de tout homme confronté à la marche de la civilisation ? Pourquoi pas…

Notions

Aplat / nuances / couleurs froides / couleurs neutres

Empreinte