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La femme à la Jarre

Description de l’œuvre

Le spectateur peut être étonné par le format dans lequel s’inscrit cette peinture d'Abel ADONAÏ. En effet à la manière de certains illustrateurs japonais, l’artiste a choisi d’occuper la surface d’un panneau vertical par deux de ses personnages.

Il s’agit d’une femme et d’un enfant. La  femme surgit du fond comme éclairée par la lumière d’une jarre qu’elle porte au niveau de son épaule. A la droite du tableau, on découvre un enfant.

Le tableau est réalisé dans un savant camaïeu allant du jaune très pâle presque blanc jusqu’au rouge brun tirant vers le noir en passant par tous les dégradés, tons et nuances (comme par exemple les ocres plus ou moins foncés) de son choix de coloris chauds même si on note quelques pointes de vert. C’est un long travail de peinture acrylique au pinceau et au couteau qui permet d’avoir cette impression que le tableau vibre. Ce style peut être rapproché de la manière de peindre des peintres impressionnistes.

La femme maintient la cruche (ou jarre appellation créole) sur son épaule gauche à l’aide de ses deux mains. Un bras est replié au-dessus de la tête, la main passée dans l’anse de celle-ci ; l’autre bras replié juste sous la jarre soutenue par l’autre main par en dessous. Elle est de type créole, un foulard noué sur la tête, habillée d'une longue robe chemisée resserrée à la taille par un tissu roulé. Les pans de celle-ci sont relevés et laissent apparaître un jupon aux nuances plus foncées. Un volant de dentelle semble marquer la base de sa robe. Son visage est incliné vers la gauche à cause de la charge qu’elle porte.

On aperçoit la tête, l’épaule et le bras d’un enfant. Sa main tient un pan de la robe. Son visage est tourné vers nous, il est plutôt de dos. Les couleurs employées pour le peindre sont du même camaïeu que l’ensemble de la peinture avec une dominante d’ocres et de bruns.

Interprétation

Les traits et touches de peinture  visibles sur le vêtement font penser que celui-ci serait confectionné dans un ou plusieurs tissus « madras » agrémentés de dentelle blanche à l’encolure, aux poignets et au bas.

La femme à l’air pensif, son regard d’un bleu-gris ne se porte sur rien de précis, ses lèvres roses n’expriment aucune émotion. L’enfant est accroché à ce personnage féminin comme à sa mère. On pourrait le croire intimider par une présence quelconque extérieure au tableau.

Cette représentation peut se voir comme une allégorie de la porteuse d’eau qui avait en son temps un rôle primordial dans la société créole. Ce qui expliquerait la luminescence surnaturelle qui paraît jaillir de la jarre.