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Layon 1

Description de l’œuvre

Dans un grand format rectangulaire installé verticalement, Jean-Yves GALLARD a représenté un amas de feuilles tombées au sol du sous-bois de la forêt guyanaise. Différentes sortes de feuillages se superposent, s’entre mêlent, se mélangent, se recouvrent de façon à former un épais tapis. L’œuvre est entourée d'un fin cadre rouge qui semble s'effacer pour laisser les bords du dessin s'éteindre irrégulièrement dans le blanc du papier.

Tout le travail d’ombres, de nuances et de dégradés de gris est réalisé au fusain (charbon de bois). L’artiste traduit avec précision les détails de chaque feuille ou élément végétal.

Au milieu de cet amoncellement de feuilles se détachent de façon plus ou moins marquée des empreintes de pieds.

L’ensemble du camaïeu de gris rend cette œuvre figurative de part le sujet traité quasi abstraite : on perd le sujet représenté au profit de l’effet dans un jeu graphique rythmé de surfaces grises et blanches..

Cette œuvre donne l’impression d’un cliché photographique grâce à la présence de forts contrastes : noir / blanc / gris. 

On peut noter que l’œuvre est réalisée avec des matériaux naturels issus de la forêt : le papier constitué de fibres végétales, le charbon de bois et l’eau. La reproduction photographiée de Layon FI ne rend pas, hélas, compte de l’aspect de cette œuvre « manuelle » : la matière chaude et feutrée du charbon de bois n’y est pas perceptible.

Layon FI fait partie d’une série d’une dizaine de productions dans laquelle Jean-Yves GALLARD joue avec les nuances de gris cherchant à arriver jusqu’au noir, à l’ombre. On comprend mieux cette série lorsqu’on se trouve en face de l’ensemble des œuvres.

Interprétation

« Les layons sont d’abord un hommage aux premiers hommes qui ont découvert, libres, ces terres d’accès difficile et inconnues. C’est aussi l’image de la lutte individuelle face aux dures périodes dans la vie. »*

Après une observation du sol de la forêt, l’artiste élabore les premiers dessins de feuilles puis viennent les empreintes de pied. Elles ont été réalisées par des enfants amérindiens ARAWAK du village de SAINTE ROSE DE LIMA. Ils imprègnent leurs pieds de poudre de charbon de bois sèche ou mouillée pour laisser leurs empreintes en passant sur la feuille. Ainsi, ils « tracent  le layon ». Le dessin est poursuivi et terminé en relation avec la trace.

Lors de l’installation de ses «  layons », Jean-Yves GALLARD disposait des « tongs » en bas des dernières œuvres pour rappeler que le « chasseur  avant de s’engager dans un layon, laisse ses chaussures et marche pieds nus dans le tracé : ne pas faire de bruit, sentir mieux le sol et prévenir à l’entrée du layon de sa présence aux autres éventuels chasseurs. C'est aussi le clin d'œil de l'entrée au temple ! L'entrée dans la forêt originelle, «  vierge ».

Citations tirées du recueil « Layons » dessins de Jean-Yves GALLARD.