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Le chaman

Description de l’œuvre

La composition s’inscrit dans un format « paysage ».

Elle est travaillée suivant la diagonale : angle gauche en bas / angle droit en haut. LIE A FO s’appuie sur cette ligne pour distribuer figurants et couleurs : un personnage et un oiseau sont installés dessus. Les coloris se répartissent de part et d’autres : froids sur le haut gauche, chauds vers le bas à droite.

Si on lit le tableau de gauche à droite, on aperçoit un cercle de nuances bleues claires se détachant du fond peint sommairement en bleu. Des nuances plus foncées cernent le personnage sur la gauche. L’homme porte un pagne rouge et agite de sa main droite une maraca. Il est peint de manière fruste en marron/beige (côté gauche) et beige/rouge (côté droit).Sa main gauche est levée au dessus de sa tête, il a de longs cheveux noirs. Il est sur la pointe du pied gauche, la jambe droite est repliée comme pour bondir. Sous le pied droit, on remarque des traces de peinture bleue et vert kaki. Un cerne foncé brun pour l’homme, rouge pour l'oiseau souligne leurs formes. Certains effets dans les cheveux et sur le visage du personnage sont obtenus par un trait réalisé avec le bois du pinceau. L’homme est à la fois de trois quart (nez), de profil (bouche) et de face (yeux).

Il est face à un oiseau qui vole au dessus de sa tête.

L’oiseau peint dans des nuances rouges avec des touches de bleues sur sa queue, vole, les ailes déployées. Il a des pattes rayées de rouge et de bleu foncé terminées par des serres.

En dessous de l’homme et de l’oiseau, l’artiste joue avec des nuances chaudes appliquées dans un lavis allant du rose au beige. L’angle en bas à droite est occupé par une forme cylindrique entourée de traits de peinture plutôt verte. Trois lignes et deux points du même rouge animent le centre.

Interprétation

Nous sommes dans une scène chamanique amérindienne.

L’homme porte un pagne rouge appelé « calimbé » : c’est sûrement un chaman ou un amérindien participant à un rituel chamanique. Ses yeux exorbités peuvent rappeler la transe, son cou tendu suit le mouvement de la danse. Il dialogue, la bouche entr’ouverte, avec l’oiseau dont les serres et le bec nous laisse à penser qu'il s’agirait d’un aigle.

La forme cylindrique serait une poterie qui repose sur un brasier : récipient contenant la potion « chamanique ».

On pourrait voir une lune se détachant du ciel en haut à gauche, des vapeurs et de la fumée résultant du feu en bas à gauche. La scène pourrait se passer au bord d'un cours d’eau appelé « crique ».

La manière de peindre de LIE A FO peut sembler maladroite voire primitive, mais ses touches de pinceau expressives soulignent le dynamisme de cette scène. C'est un peintre expressionniste dont l’inspiration prend racine autant dans la vie quotidienne des peuples autochtones que dans leurs mythes et légendes.