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Madras como mare 3

Description de l’œuvre

L’œuvre est composée de neuf pièces de tissu assemblées en patchwork. Un cadre noir les entoure. C’est une œuvre souple accrochée par les extrémités.

Les morceaux de tissu sont de coloris différents. Ils n’ont pas les mêmes dimensions.  Ils sont tissés en bandes parallèles et perpendiculaires. Sur celui en haut à droite, on trouve le pochoir d’une fleur d’hibiscus et du mot « Guyane »  reproduit plusieurs fois. Ces tissus sont de couleurs vives et plutôt contrastées, les lignes verticales et horizontales créent ainsi parfois des dominantes chaudes ou froides.

Ils sont animés de sérigraphies réalisées par l’artiste

Neuf pièces de tissu carrées et rectangulaires assemblées en patchwork composent le fond de cette pièce.

Trois mots ont été écrits en lettres manuscrites sur les tissus:"madras, como, maré" et

26 figurations de personnages sont visibles.

Toutes les pièces de tissu sont de fabrique "madras", à carreaux.

Deux mots en lettres manuscrites sont visibles en haut de la pièce, écrits en blanc sur toute la largeur des madras, l'un en dessous de l'autre, "madras","como" et en bas de la pièce on peut lire "maré" en lettres beaucoup plus grosses.

Peut-être cela veut-il signifier que soit le madras , soit les personnages figurés viennent de la mer, d'au de là des mers.

Imprimés à même le fond d'une manière répététive et identique, on distingue des personnages.Il s'agit, pour l'une des figurations, d'un esclave dont les membres et le cou sont entravés et enchainés à des barres.

D'autres personnages reproduits d'une manière répétitive sont visibles. A droite un esclave aux poignets fixés à une barre horizontale placée sur la nuque. En bas un esclave les mains liées dans le dos semble être conduit par un garde.

Tous les personnages sont reproduits en noir et se détachent, bien que petits, sur le madras.

La signification de la composition de cette pièce est assez claire: c'est une réflexion sur l'esclavage et sa dénonciation.

Il faut noter le contraste entre l'attrait et les couleurs chatoyantes du madras , voir le côté

plaisant mis en relief par les petites fleurs blanches et les scènes de torture répétitives , tirées de documents d' archives sur la période esclavagiste.

Les mots en langue étrangère renvoyant à la langue du colonisateur et à celle des fameux

lançados portugais peuvent se comprendre comme"venu de la mer".

S'agit-il d'un rappel, par de là le tissu d'habillement traditionnel guyanais, du passé douloureux de la Guyane, l'esclavage?

Les trois mots,"madras", "como", maré" interpellent et peuvent paraitre énigmatiques, ce qui force la réflexion.

Quoiqu'il en soit, la composition est particulièrement heureuse et attirante, évitant les surcharges ,avec un message qui se veut relativement clair.

Interprétation possible de l’œuvre

L’exposition s’intitule « Pièce d’Inde » en mémoire de ces rouleaux d’étoffe qui servaient d’échange pour importer des esclaves d’origine africaine en Amérique.

Les toiles madras font suite à la série « Sous les cocotiers la grisaille » où José Legrand reprend ce végétal qui fait partie d’une vision stéréotypée du monde tropical en l’associant à son approche critique. 

Le mot « maré» vient du hollandais qui veut dire amarrer en français. « Como maré » signifierait en français « comment attacher » dans tous les sens du terme (aliéner, s’approprier…).

En créole « Roune jou maré » est  une journée où il fait bon ne rien entreprendre car tout sera voué à l’échec.

Le goudron peut rappeler celui qui servait à calfeutrer les planches de bateaux négriers, à badigeonner leur coque pour empêcher la pourriture de s’y installer et à faciliter leur imperméabilité.

C’est une œuvre engagée politiquement qui dénonce le système d’exploitation de l’homme par l’homme.