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Média – Médium

Description de l’œuvre

Si on ne se trouve pas en face de cette œuvre, on ne peut pas deviner qu’elle est réalisée à partir d’une « détrempe » avec des argiles de couleurs différentes d’où la prégnance des couleurs de terre.

En la regardant de haut en bas, on distingue deux parties. La partie supérieure représente un gros plan : un abat-jour avec son fil placé devant ce qui semble être une paroi en bois. Sur la partie inférieure, on remarque un alignement de six abat-jours placé dans un décor. Dans chaque partie, l’artiste a installé les objets à peindre de sa composition dans un rectangle d’un ton plus sombre. Ils sont placés dans les angles opposés. On peut constater le déplacement du point de fuite  des effets de mise en perspective du motif à peindre.

Les deux parties sont séparées par une poutre légèrement incurvée.

En haut, le point de fuite se trouve sur la gauche, hors du tableau. Les tons vont du brun à l’orangé des argiles. On remarque des nuances plus beiges sur l’abat-jour. La lumière vient de la gauche au vue de la tache blanchâtre sur la coupe de l’abat-jour et des reflets plus clairs portés sur les planches. Une poutre verticale ferme l’ensemble sur la gauche. Cette poutre se prolonge en bas et fait un point de jonction entre les deux parties du tableau. Le décor représente une enfilade de boiseries murales qui s’arrêtent au fond par un mur avec ce qui parait être une fenêtre. Le plafond du décor d’où se détachent les abat-jours est de même facture. Les tons sont les mêmes sauf qu’ils sont inversés : foncés à gauche et plus lumineux à droite. Le point de fuite est dans le tableau sur la gauche.

L’opposition du point de vue (détail et ensemble) propose une mise en abîme. Le regard va d’une partie à l’autre pour construire l’image complète du mur.

Interprétation

L’artiste s’est inspiré d’un détail architectural du bâtiment du Pôle culturel de KOUROU.
Le médium utilisé pour peindre est un mélange, une sorte de détrempe, obtenu avec des argiles de différentes couleurs  associées à un liant.

Ce tableau fait partie d’une série de 30 productions, de même facture avec l'utilisation de mêmes techniques, réalisées pour l’inauguration du Pôle culturel et Médiathèque de KOUROU. Ce n’est pas par hasard qu’Anne LE GORJU à utiliser de la terre de Guyane comme principal pigment pour peindre ses toiles. Elle a voulu  « travailler cette terre, Tellus Mater,  dans un acte symbolique maternel : donner et reprendre la vie (les femmes bushinengué et de certaines ethnies africaines ne mangent-elles pas la terre lorsqu’elles sont enceintes ?), utiliser la terre pour se régénérer, mourir à une forme pour renaître à une autre.

… « En utilisant la terre de Guyane comme principal pigment j’ai tenté d’extraire le jus primordial des veines de cette terre généreuse et riche en diversités. »

… « Les tons chauds latéritiques de celle-ci se sont avérés en parfaite symbiose avec ceux des bois utilisés dans cette architecture élancée… ». …« Cet ouvrage contemporain imposant que constitue la médiathèque de Kourou m’a fortement inspirée durant toute sa construction. »

…. « Que cette terre fertilisée par le médium devienne vie, engendre de la communication… tel est mon souhait le plus cher ! »

Phrases de l’artiste tirées de son article paru lors de l’inauguration du Pôle culturel de KOUROU.